• Clichés marseillais #33

    Clichés marseillais #33

    Opéra - O’Stop !

    Clichés marseillais #33– Voilà, tu sais tout !
    Bernard a écouté Gigi sans l’interrompre, malgré les glandes qui lui venaient au du récit. Ils ont ponctué l’histoire en picorant des olives, des lamelles de poivrons marinés et en éclusant des verres de gigondas.

    Le samedi soir, le restaurant O’Stop est toujours bondé, mais ils sont arrivés tôt, en ligne directe depuis le Grand bar Vacon. En quelques centaines de mètres, entre Noailles et l’Opéra, l’ambiance a complètement changé. Bernard a montré à Gigi quelques bars et boîtes de nuit fréquentés par le milieu marseillais et les politiques locaux. Sur les trottoirs, on croise des filles qui attendent le client et des avocats qui viennent de quitter le leur, le délestant au passage d’honoraires bien gagnés…
    Le quartier est d’autant plus animé que ces jours-ci un bâtiment de l’US Navy fait escale à Marseille. Des milliers de marins ont envahi le centre-ville et tout particulièrement les rues chaudes du quartier de l’Opéra. Grands gaillards en tenue bleue et blanche, bob sur la tête, démarche dite « chaloupée » dont on ne sait si elle est due au mal de terre, à la boisson ou à l’envie de « faire vrai ». Ils parlent fort et traînent en groupes dans les ruelles sous l’oeil bienveillant des MP, la police militaire qui n’interviendra qu’en cas de grave débordement. Ils claquent leur solde dans les « bars américains » auprès de filles court vêtues qui commandent des bouteilles de champagne sur leur compte. Mais O’Stop n’est pas leur tasse de thé – ou leur verre de bière. Trop petit, pas de musique et les filles court vêtues ne sont ici que de passage, elles aussi sont à l’escale, venant se réchauffer après leur séjour sur le trottoir. Ici, on sert des sandwiches à toute heure et à tout ce qu’on veut, il n’y a qu’à demander : jambon, omelette, andouillette, daube, boulettes…
    Encore un endroit où Ber est chez lui. Gigi commence à se demander si son ami a une maison… Il appelle les serveuses par leur prénom, commande sans regarder la carte et on lui trouve toujours une place au comptoir ou à la table du fond, celle des patrons, près de la porte des toilettes mais bon, c’est mieux que de rester dehors ! Il a commandé d’autorité poivrons marinés, saucisson, olives noires, il a choisi un tartare frites et pour Gigi ce sera les alouettes sans tête. Et force gigondas, comme s’il en pleuvait !
    Le restaurant hésite entre la bodega espagnole et la trattoria italienne, ce n’est pas de la haute gastronomie mais de la cuisine simple et une ambiance détendue, tout ce qui plaît à Ber et à Gigi. Bon plan !

    Bernard garde le silence un long moment après le récit de Gigi.
    – Les stals seront toujours des stals ! Mais ton Roger, il est fiable ? Qu’est-ce qu’il veut faire ? Les trotskards, je ne leur fais pas confiance automatiquement.
    Gigi note la nouvelle appellation, il se dit qu’il devrait commencer à noter pour faire un lexique…
    – Pour le moment, il est réglo. Il nous a envoyé chez un avocat et il dit qu’il va s’occuper de trouver l’argent pour le payer. Il ne peut pas me dire précisément ce qu’ils sont en train d’organiser, mais en tout cas je n’ai plus eu de nouvelles du gars de l’Union départementale, et le Gros est plutôt sympa avec moi. Tu serais d’accord pour rencontrer Roger ?
    – C’est pas une mauvais idée. Tu sais où me trouver.

    (à suivre)

    À suivre chaque jour sur https://www.facebook.com/jeanpaul.garagnon

    L'intégrale est à retrouver sur ce blog http://brigou.eklablog.com/cliches-marseillais-c31530712

    « Clichés marseillais #32Clichés marseillais #34 »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :