• Clichés marseillais #29

    Clichés marseillais #29

    Nuit caline

    Samedi matin, 2h00
    En rentrant du travail dans la nuit du vendredi au samedi, Claudine a senti dans l’appartement un sacré mélange d’odeurs : ail, anchois, fromage, iris, jasmin, tabac mentholé… Pizza, Chanel N°19 et Kool, Stella est passée par là ! Les cartons vides sur la table basse, le cendrier débordant de filtres marqués de rouge à lèvres, l’inspectrice Claudine a vite fait de reconstituer les faits. Un large sourire s’étale sur son visage. Il n’y a plus qu’à suivre la piste sur les tomettes : shetland rose, serviette de bain, mini-jupe noire, bas noirs, culotte noire, soutif rose, pour arriver à la chambre de Gigi.
    – Bien joué, Claudine, non, se dit-elle ?
    – Pardi que oui, se répond-elle ! Je devrais jouer aux échecs, moi, je suis trop forte !
    Gigi et Stella, y avait un petit moment qu’elle se le concoctait, ce coup-là ! Elle aurait bien attendu le réveil, style Ah tiens, Stella, t’es là ? Thé, café ? Mais elle est trop crevée. Le vendredi soir à L’Entrecôte, c’est le début du week-end, c’est carton plein. Elle accueille les clients, les place, leur laisse le temps de s’installer, revient prendre la commande en proposant un apéritif, et non, merci, pas d’apéritif, radins, et pour vous qu’est-ce que ce sera, ben une entrecôte, bon choix, quelle cuisson, bien cuite, qué malheur, il va me manger une semelle, et pour madame, bleue, eh ben voilà, c’est mieux, et des frites, oui, des frites et du vin, la cuvée du patron, oui, très bien, on vous apporte la salade aux noix de suite, je vous souhaite un bon appétit et une bonne soirée ! Ouf !
    Donc, Claudine, direction son lit.

    Samedi matin, 9h00
    Autour du café et des tartines, Gigi et Stella, les yeux bordés de reconnaissance. À la lumière du jour, Stella détaille Gigi, vêtu de son plus beau slip kangourou.
    – Ils t’ont pas raté, ces pourris !
    Elle se lève, vient se placer dans son dos, suit du doigt les pleins et les déliés des traces de nerf de boeuf, les nuances bleues, vertes et jaunes des coups de matraque. Gigi éprouve un plaisir coupable à ressentir de la douleur sous la pression des doigts de Stella. En lançant les bras en arrière, il prend dans ses mains les fesses de sa, quoi, se dit-il ? Amante, maîtresse, conquête, belle ? Beaucoup de mots, mais il ne trouve rien qui lui convienne. Elle est Stella, elle est belle, il a envie d’elle et on va encore les laisser, sinon on va se faire du mal…

    (à suivre)

    À suivre chaque jour sur https://www.facebook.com/jeanpaul.garagnon

    L'intégrale est à retrouver sur ce blog http://brigou.eklablog.com/cliches-marseillais-c31530712

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  • Commentaires

    1
    Tchoane
    Lundi 11 Mai à 22:58
    Beau 18 avril
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